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Histoire de l’enfant malgache : « ce que vaut la vie de ma famille »

Bonjour, je m’appelle Aina – qui veut dire Vie en malgache -, j’ai 8 ans et je suis malgache.
– J’ai trois frères et deux sœurs avec qui je partage ma chambre. Mes grand-parents et deux oncles et tantes vivent dans la même maison que nous.
– Mon père va aux champs tous les jours et ma mère travaille ponctuellement, selon les opportunités qui se présentent à elle. Sinon, elle vend des beignets de bananes.
– Seulement deux de mes frères vont à l’école publique parce que mes parents n’ont pas assez d’argent pour acheter des fournitures scolaires pour tout le monde. Ils marchent environ deux heures par jour pour se rendre à leur école.
– Mon jour préféré est le dimanche parce que c’est le seul jour de la semaine où nous mangeons de la viande. Quand le riz ne monte pas assez, nous mangeons du manioc et il nous arrive de ne manger qu’une fois par jour.
– Moi, je ne vais pas à l’école parce que j’aide ma mère dans ses petites affaires comme aller prendre de l’eau au puits pour qu’elle puisse faire à manger et nettoyer la maison. Nous n’avons pas d’eau courante à la maison.
– Quand ma mère n’a pas trop besoin de moi, parfois, je vais au vidéoclub d’à côté pour regarder la télévision. J’aime bien les séries américaines. Je rêve d’aller un jour en Amérique.
– Nous n’avons pas l’électricité chez nous ; mes frères étudient avec une lampe à pétrole le soir parce que les bougies sont plus chères. Nous n’avons pas de réfrigérateur pour stocker de la nourriture, nous mangeons des produits frais et biologiques.
– Le mois dernier, ma petite sœur était malade et maman et moi l’avions emmenée au centre de santé de base (CSB). Cette fois, nous avons pu la soigner avec des médicaments à la portée de notre modeste bourse. Mes cousins de l’Est n’ont pas toujours cette chance ; plusieurs sont morts du paludisme et de la diarrhée.
– Il m’arrive de vendre les beignets de ma mère et je profite des campagnes de sensibilisation au village pour en vendre plus et écouter tous ces gens qui viennent d’ailleurs pour nous parler de notre mode de vie et environnement. Ils nous disent de ne pas prendre le bois de la forêt, de protéger les animaux comme les lémuriens et les tortues, de traiter l’eau pour qu’elle soit potable, d’utiliser des toilettes « hygiéniques ». Ils nous disent ce que nous devons faire et nous écoutons. Je voudrais tellement aller à l’école pour pouvoir faire comme ces gens qui voyagent pour raconter des histoires. Je voudrais tant que parfois, nous parlions et eux nous écoutent… même si, en arrivant dans notre village, ils semblent tout savoir de nous déjà. J’espère qu’un jour, quelqu’un viendra pour nous demander nos rêves dans le village et nous aider à les réaliser.
– Un jour, une femme est allée voir ma mère pour lui parler de planning familial. Je n’ai pas très bien compris pourquoi c’est bien que les lémuriens aient beaucoup d’enfants, mais que les femmes ne devaient pas en faire autant. Non pas pour me comparer à un animal, mais ma vie vaut-elle donc moins que celle d’un lémurien ?
– Chez nos cousins du Sud à Sainte-Luce , leur qualité de vie ne dépend pas de l’argent. Ce sont des pêcheurs, ils mangent des langoustes au moins une fois par semaine… J’adore les langoustes !!! Ils vendent une partie de leur pêche pour pouvoir acheter le strict nécessaire comme les vêtements et pour prévenir les besoins en médicaments. Bien que le village grandisse, il est pour l’instant difficile d’y arriver en voiture, ce qui fait que la majorité des poissons et langoustes pêchés sont juste pour leur consommation journalière. Ces derniers temps, des gens extérieurs sont arrivés ; leurs yeux avaient brillé en voyant le paradis de Sainte-Luce. Et quelques mois plus tard, le Sage du village apprend que des gens vont peut-être aussi venir dans leur village pour leur apprendre d’autres choses parce qu’ils vont y construire des maisons et usines. Pourtant, mes cousins ne se plaignaient de rien.
– Dans le Nord, j’ai plusieurs cousins métis qui n’ont jamais vu leur papa parce qu’ils étaient juste passés voir mes tantes. Une de mes tantes est morte du VIH/SIDA. Elle était avec un homme de passage et en le ramenant à l’aéroport, il lui a remis une enveloppe qu’il lui a fait promettre de n’ouvrir que quand il serait dans l’avion. Quand elle ouvrit l’enveloppe, dans la lettre qu’il a laissée, il y avait écrit : « Bienvenue dans le monde du SIDA. »
– J’ai aussi des tantes qui travaillent le soir. Je ne sais pas exactement ce qu’elles font et les adultes disent que je suis trop petite pour comprendre, mais quand elles passent chez nous, elles me disent : « Nous ne faisons pas toujours les choses que nous aimons. Parfois, il faut savoir se sacrifier pour trouver à manger et nous n’avons pas forcément beaucoup d’options. » Mes parents disent qu’elles ont quitté le village pour essayer de trouver ces choses à la télévision. Moi aussi, je rêve toujours d’aller en Amérique. Tiens, ça me fait penser à ma cousine de Nosy Varika qui était sortie de son village pour la première fois à 16 ans et qui était montée pour la première fois dans une voiture pour un long trajet vers la capitale. Elle disait que l’air d’Antananarivo était étouffant, qu’elle n’avait jamais vu autant de personnes sur une même place quand elle est allée au centre-ville à Analakely. Elle a bien aimé ce qu’elle avait vécu là-bas, mais elle avait quand même hâte de rentrer chez elle. Les ancêtres soient bénis, ils n’ont eu aucun problème sur la route, la sécurité est mauvaise dans certaines régions de mon pays.
– D’après ma famille vivant à Tsiroanomandidy, les vols de zébus se font de plus en plus fréquents et les voleurs -ou dahalo- n’hésitent plus à tuer si besoin. Je me demande pourquoi les dahalo de Tsiroanomandidy sont moins célèbres que ceux du Sud alors qu’ils font la même chose. Ces meurtres ne passent pas dans les médias.
– Depuis peu, un de mes cousins a été porté disparu. Ma famille est allée chercher du secours auprès de la police et de la gendarmerie, mais ils n’ont rien fait. Ils n’ont pas les moyens de se mobiliser pour quoi que ce soit. Ces enlèvements ne passent pas dans les médias.
– J’ai un oncle en ville qui tient un cybercafé et qui m’a montré ce qu’est un ordinateur et Internet. C’est très mignon de voir des parents publier la photo de leurs enfants et de partager leur bonheur. Tonton m’a expliqué que sur Internet, tu peux publier des choses pour que tout le monde voie et ce n’est pas payant comme dans les journaux. J’ai alors pensé « pourquoi ne pas y mettre la photo de mes cousins disparus pour que toute ma famille malgache puisse être informée et peut-être nous aider ?  » Mon oncle a répondu :  » Ma fille, quand ton cousin du Nord qui a été porté disparu pendant des jours est mort, presque aucun de tes compatriotes malgaches sur Internet ayant réagi sur l’affaire n’a été scandalisé de sa mort. Certains disent que c’était un meurtre, d’autres affirment que ce ne sont que des rumeurs, personne ne s’est juste posé une seconde pour se dire – il s’agit d’un enfant mort ! Notre gouvernement, en pleine propagande pour représenter le pays, ne s’est exprimé sur la mort de cet enfant ni n’a donné d’argent pour ouvrir une enquête alors qu’ils dépensent des milliards pour des choses matérielles. Regarde, regarde comment dans d’autres pays, l’enquête est directement ouverte dès qu’on touche à leurs compatriotes. Et regarde comment tes propres compatriotes généralisent les mauvais comportements de quelques personnes. Comme dans tous pays, il y a des bons et des mauvais. Dans notre famille aussi. La différence ma fille, c’est que c’est uniquement dans notre pays qu’on aime à condamner haut et fort le pays en entier et pas uniquement les méchants et les premiers responsables. »
– Au fur et à mesure que je grandis et que je comprends mieux les choses, la plus grande leçon que je retiendrai de ma chère famille, c’est mon prénom : Aina ou Vie. Mes parents l’ont choisi parce qu’ils croient en l’adage malgache « Tokana ny aina » ou la vie est unique. Je me pose toujours des questions sur ce que vaut ma vie et celle de ma famille… Peut-être rien aux yeux des autres, mais rien ne vaut la vie.

Madagascar : Disparition et meurtre de Chaino, un enfant malgache de 8 ans

En réaction aux dernières nouvelles sur Madagascar, et plus précisément sur l’île paradisiaque de Nosy Be, je profite de cette plateforme Mondoblog, reliée à RFI pour faire un coup de gueule sur le rôle légendaire déformateur et manipulateur des médias « officiels » et sur l’égoïsme surdimensionné que reflètent trop de réactions…

HISTORIQUE DE L’AFFAIRE CHAINO :

FAIT 1. L’enfant malgache de 8 ans, dénommé CHAINO avait été porté disparu depuis quelques jours, avant que son corps -mutilé- n’ait été retrouvé le mercredi 02 Octobre dernier. CHAINO EST LA VICTIME d’un meurtre !!! France 24 le dit clairement, l’enfant n’avait plus ni ses organes génitaux ni sa langue.

FAIT 2. Devant l’incapacité – légendaire aussi d’ailleurs – des forces de l’ordre malgache, la situation a dégénéré comme la population locale a mené sa propre enquête menant jusqu’au corps de CHAINO et a réagi de suite, suspectant trois personnes de faire partie d’un RESEAU EUROPEEN DE TRAFICS D’ORGANES. Le film d’horreur continue par le lynchage de deux Européens et d’un malgache : un Français du nom de Sébastien Judalet qui faisait souvent des va-et-vient à Nosy Be, un Franco-Italien du nom de Roberto Gianfala – bien confirmé par Rome, un clandestin qui a vu son visa touriste expiré. Notons qu’à Madagascar, la demande de visa n’est pas aussi spectaculairement contraignante que dans la plupart des pays européens puisqu’il est octroyé à votre arrivée sur l’île… pour dire qu’il faut vraiment le faire pour avoir un visa expiré à Madagascar !!! La troisième personne lynchée, le malgache – bizarrement sans nom dans tous les articles qui passent, son identité a d’autant moins d’importance que la mort de CHAINO en elle-même  – était apparemment l’oncle de CHAINO. (Beau portrait de famille).

CE DONT LES MEDIAS PARLENT :

Je ne douterai même pas une seule seconde des compétences en communication de tous ces médias qui ne racontent que ce qu’ils veulent faire gober aux lecteurs… Aussi, leur (…) foi les pousse à des titres tels que sur la photo ci-dessous.

metronews

L’affaire CHAINO, initiée par des meurtriers et par des soupçons de trafic d’organes, bascule rapidement et trop facilement vers des arguments sournoisement formulés des habitudes « sauvages » – disons-le – de la population locale.

Il y a cependant un maillon manquant que tous les médias ont délibérément zappé, parce que c’est vraiment le cas de le dire et on n’a pas besoin d’être expert en Droit pour pouvoir le dire : Pourquoi l’attention ne se porte pas davantage sur les détails de cet enfant retrouvé mort, mutilé… en guise de début d’enquête mais uniquement sur les présumés coupables ? Je parie que cette affaire, comme d’innombrables affaires plus que louches à Madagascar, sera vite camouflée et la dernière impression que les médias auront réussi à laisser de Madagascar est ce « peuple de sauvages » qui n’auront jamais droit à une justice, si tant est que ce mot ait une réelle signification de nos jours.

AUTRES FAITS AVANT QUE TOUT LE MONDE S’ENFLAMME :

1. La proactivité du seul opérateur touristique à Nosy Be + Français + tenant un blog sur les actualités de Nosy Be. ICI  D’habitude, ce genre de mauvaises nouvelles est quelque peu camouflée par les opérateurs touristiques du monde entier parce qu’il y va de leur chiffre d’affaires. Néanmoins, ce blogueur a non seulement eu l’intelligence d’informer de la situation AVANT TOUS LES MEDIAS (rôle d’un blog informatif, n’est-ce-pas ?), mais il est également très bien placé pour en parler puisque la scène s’est passée sur la plage où il est installé. Ceci remet quand même un peu en question la crédibilité des « correspondants » internationaux qui racontent tout ce qui est possible pour plus de sensations fortes. Il est important, dans de telles circonstances, d’oser partager les informations afin que les lecteurs puissent entendre différents sons de cloches, et le rôle des blogs prend tout son sens dans ces cas là.

2. Pour répondre à la vidéo ici, montrant des touristes « vazaha » ou étrangers qui fuient Nosy Be, le niveau des médias atteint vraiment des sommets du ridicule… qui ne tue pas. Savez-vous que le tourisme est l’activité motrice de Nosy Be et que la grande majorité des opérateurs touristiques sont des « vazaha », à savoir des Français et des Italiens ? Alors, pensez-vous que tous ces opérateurs « vazaha » ont complètement perdu la raison pour y rester, y avoir autant investi et défendre leur destination si vraiment, ils pensaient que la population était « sauvage » ? Eh bien, en voulant faire trop de cinéma médiatique et à force d’accorder autant d’importance à vos chers compatriotes présumés coupables mais dont l’un au moins est officiellement un clandestin, un illégal et une personne indésirable au pays, vous avez par la même donné encore plus de fil à retordre à vos autres compatriotes qui connaissent largement mieux la réalité de Nosy Be que vous.

3. Pour avoir personnellement vécu une situation malencontreuse nécessitant l’action des forces de l’ordre, à Madagascar, vous, la victime, devez encore payer en plus de ce que vous avez déjà perdu, pour faire bouger les forces de l’ordre. Il n’est plus besoin de répéter l’envergure de la corruption d’ailleurs, ce qui permet à l’impunité de fleurir comme des herbes sauvages. La question que je me pose, et que je vous pose aussi, « Et si CHAINO était votre enfant ? »

4. Enfin, mon mot personnel pour la fin, à tous ceux qui porteraient un jugement négatif sur les gens de Madagascar, Nosy Be… en tant que Malgache, je me permets de vous dire « regardez la poutre dans vos yeux avant de regarder la paille dans nos yeux. » Madagascar est en pays en crise politique, économique… en crise tout court depuis des années mais malgré le fait que la communauté internationale de façon générale ne cesse d’ajouter de l’huile sur le feu, le pays, de par la culture de la population, n’est pas en guerre – civile ou autre. A vous qui êtes si fiers et si protecteurs de tout ce qui vous concerne, en tant que personne lambda, qui qualifieriez-vous de « sauvages », ceux qui, face à l’absence totale de justice, prennent l’initiative de régler leurs propres affaires, ou ceux qui, par amour même plus de pouvoir mais de domination, initient, cautionnent, approuvent et investissent massivement dans les guerres qui soit dit en passant, n’est rien d’autre que des personnes étrangères envahissant un autre pays dans le seul objectif de tuer la population locale. Vous désapprouvez les façons de faire d’un gouvernement muni de quelques personnes et vous ne trouvez d’autres moyens que d’assassiner toute la population !!! Eh bien voyez-vous, le malgache est sans doute sauvage mais même dans n’importe quelle quête idiote qu’il puisse faire, jamais il n’a pensé à utiliser les gros moyens pour des meurtres en série. Et s’il faut être un pays en développement pour maintenir cette mentalité, soit, je suis très fière de ne pas avoir l’argent pour principal Dieu parce qu’il me reste ce qu’on appelle l’humanisme.

Mais à qui profite lA/lE criS/Me ?

En regardant l’émission « le débat de France 24 »  sur le « gaz sarin en Syrie : la ligne rouge franchie ? » hier soir, la remarque de Patricia CHAIRA, journaliste de l’agence Cara sur un témoignage de l’armée syrienne libre m’a spécialement frappée : « Quand il y a 100 000 morts par des bombardements ou par des armes conventionnelles, est-ce que ça vous intéresse ? Non ! Quand il y a des morts tous les jours qui tombent, est-ce que ça vous intéresse ? Non ! Là, tout d’un coup, les armes chimiques, ça vous intéresse, pourquoi ? (…) C’est une vaste hypocrisie ! » (vidéo 16:38). Patricia CHAIRA a eu l’avantage de parler de ce qu’elle a vu et vécu sur place et surtout, de partager l’opinion de la population locale, ce qui permet parfois de ne pas sombrer dans des théories et réflexions sans fin… pour pouvoir prédire l’issue de l’Histoire ou pour mieux orchestrer la prochaine « intervention » de démonstration de puissance !

Si le concept de l’émission me paraît excellent, il est quand même regrettable qu’il n’y ait pas eu de personnes directement concernées – à savoir des syriens – comme invités au débat. Si, dans mon propre ménage, je ne tolère que les conseils et non pas que quiconque prenne des décisions ou impose des changements pour « notre » bien, pour la simple raison que personne à part nous ne connait tous les tenants et aboutissants, la globalisation démontre et ne cesse de confirmer que tout le monde et n’importe qui peut – au nom de X communauté internationale/objectifs du centenaire/cause… – aider un pays à laver son linge sale. Dans le jargon des projets, cela revient à favoriser, voire imposer « l’assistanat »… Un développement durable et pérenne grâce à l’assistanat, je demande à voir un « success story ».

Sans plus rediscuter du pouvoir des médias et de leur expertise en manipulation de masse, sans même plus oser revenir aux fameux Droits de l’Homme – bafoués parfois, ignorés de plus en plus – où tout le monde a droit à la vie sauf cas de forces majeures acceptés par les principaux détenteurs d’intérêts internationaux, les actualités m’amènent à imaginer la vie en « rose » de ces centaines de milliers de familles victimes de guerre dans le monde… à l’image de la chanson de « Pink » :

Dear Mr. President,
How do you sleep while the rest of us cry?
How do you dream when a mother has no chance to say goodbye?
How do you walk with your head held high?
Can you even look me in the eye?
————-
Let me tell you ’bout hard work
Minimum wage with a baby on the way (…)
Rebuilding your house after the bombs took them away (…)
Building a bed out of a cardboard box (…)
Hard work, hard work

A force de ne pas se poser les bonnes questions et d’ingurgiter les informations de masse aussi indigestes les unes que les autres, on finit par passer à côté de l’essentiel.

Pour les pays en guerre, mais à qui profite le crime ?
– Aux patriotes haut gradés et totalement manipulés qui acceptent de tuer des innocents contre d’autres qui veulent bien donner leur vie… au nom d’une cause ?
– Aux producteurs d’armes (chimiques, conventionnelles, atomique, là n’est pas la question) qui voient leur bénéfice augmenter de façon astronomique ? Tiens, pourquoi les médias n’en parlent pas plus que ça ?
– A la communauté internationale qui finance, se partage et départagera le butin ? Parce qu’après avoir aidé à laver le linge sale, il faudra bien sûr aider à le sécher, et quand il n’y a pas beaucoup de soleil, il faut « emprunter » et « s’endetter » encore plus pour acheter le sèche-linge ! Et qui, après avoir mis le pays dans de beaux draps, se vêtira de ce linge « blanchi » et « retaillé sur mesure » ? La population locale deviendra de plus en plus étrangère en son propre pays comme elle perd progressivement les pouvoirs de décisions pour « son » propre avenir. (Refrain)

Et pour Madagascar, mais à qui profite la crise ?
– Aux 20 millions de malgaches (moins les quelques % d’ours s’appropriant tout sur leur passage, en préparation de l’hibernation… sous les tropiques) qui ont de plus en plus de mal à définir la « décente vie » et plus de facilité à illustrer la « descente vie » ?
– A la communauté internationale (cf. même refrain qu’au-dessus) qui joue au « yo-yo » sur le financement, pour mieux appâter le poisson ? Après tout, en affirmant qu’il n’existe pas une forme unique de démocratie, en investissant dans des élections « démocratiques » qui préconisent (parce que « qui y croit encore ? ») la transparence du processus (clin d’œil pour les fabuleux tours de magie de la Cour Électorale Spéciale) et des résultats des élections, cela implique que les citoyens malgaches bénéficient de leur droit de vote pour élire le dirigeant qu’ils veulent… ceci, peu importe le nombre et le profil du candidat. Aussi, si les 3 candidats « m’as-tu-vu » que nous avons déjà trop vus à la une des actualités à Madagascar et qui continuent de vouloir nous en faire voir de toutes les couleurs se présentent, si leur côte de popularité est celle que nous imaginons, les chances sont moindres qu’ils soient élus. Le problème se situe t-il donc au fait qu’ils aient bravé la loi ? Mais est-ce une nouvelle ? Ne vit-on pas déjà dans l’impunité presque totale ? Non pas que l’option de « un peu plus, un peu moins, on n’est plus à ça près » soit une bonne réaction mais s’obstiner sur 3 candidats sur un exploit mondial d’un total de 49+1 candidats n’est-il pas un « hors sujet » face à la situation alarmante de l’économie du pays ? Ils nous font marcher avec leurs intentions douteuses et nous, nous courons aveuglément… alors qu’eux volent (dans tous les sens du terme !)

Est-il préférable, pour Madagascar, de se focaliser sur un nombre minime de candidats, plutôt que de mener ses élections à bien… sachant qu’ils nous ont déjà volés notre voix… mais qu’il faudrait que nous, citoyens malgaches, arrivions à défendre nos propres intérêts et à ne pas nous faire voler notre voie !?

La voix des jeunes Malagasy… pour une solidarité nationale

« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. » Martin Luther King

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Le concours national sur la démocratie et les droits de l’homme organisé par l’USGA (United States Graduates’Association) et l’Ambassade des États-Unis, avec le concours de l’American Center et de l’American Chamber of Commerce (Amcham), a permis à des lycéens venant de différentes régions de Madagascar (Nosy Varika, Ambanja, Fianarantsoa, Ambositra, Tsiroanomandidy, Maevatanana, Ambohimalaza et Antananarivo) de s’exprimer et de défendre leurs idées à travers des débats sur des sujets autour de la démocratie et les droits de l’homme, avec un focus particulier sur le cas de Madagascar.

L’équipe gagnante du concours a été le lycée Saint-François Xavier, Antananarivo, après une finale des plus serrées avec l’équipe de Maevatanana autour de la liberté d’expression : faut-il revendiquer ses droits ou laisser les spécialistes faire leur travail?

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A part les différents débats pour la finale, objet de leur venue, ces jeunes malgaches ont également souhaité s’impliquer davantage dans l’avenir de leur pays, à commencer par leur contribution à l’album citoyen initié par le groupe « Wake up Madagascar » pour faire entendre leur voix. Leur enthousiasme ne s’arrête pas ici ; convaincus de l’utilité d’apprendre à argumenter, de forger leur force de conviction et d’apporter leur grain de sable à l’avenir de Madagascar, des projets communs sont en cours de gestation pour l’avenir. Si une lycéenne nous a partagé : « Dans la vie de tous les jours, je ne peux pas trop m’exprimer parce que les adultes disent que je ne suis pas assez grande pour comprendre les choses… alors ici, je me lâche, et je suis d’autant plus motivée parce que maintenant, je peux avoir une plateforme pour m’exprimer.« , un autre lycéen a fait la remarque suivante : « NOUS devrions commencer ce genre d’initiative dès les classes primaires, tout le monde a besoin de savoir ce qu’est l’éducation civique. » Quant à un encadreur qui fait de son métier une réelle vocation : « Une des leçons que je retiendrai, c’est de ne pas attendre les autres pour faire quoi que ce soit. Il faut se lancer quand on est convaincu que c’est pour la bonne cause, même seul ou avec un petit nombre, nous pouvons déjà faire quelque chose d’important. »
A tous les niveaux, nous pouvons faire la différence, n’attendons pas d’être « directeur », « chef », « président » pour nous tourner vers notre avenir commun que nous laissons sous l’emprise d’une minorité aveuglée par des aspirations à l’encontre de l’intérêt général. Et ne nous indignons pas si les autres récoltent le mérite de nos efforts, un adage malgache affirme que « ny asa vita no hifampitsarana » (ne jugeons que le travail fait!) ; si vous faites une chose juste, vous n’avez pas besoin d’investir les 3/4 de votre budget dans la communication, les gens vous reconnaîtront pour ce que vous avez réalisé… Et si ce n’est pas le cas, la satisfaction personnelle d’avoir « fait du bien » n’a pas de prix.

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Par ailleurs, le court séjour de ces 8 équipes composées de 3 lycéens en classes de 2nde ou/et 1ère et d’un éducateur a également été une riche opportunité pour respecter et apprécier la différence comme chaque soir a été clôturé par des échanges culturels : histoire, danses traditionnelles, coutumes… Le RESPECT a été la devise de ces quelques jours. Si nous n’avons pas directement « discuté » des aléas de l’identité nationale malgache, force a été de constater que les lycéens ont été plus que motivés, fiers, ouverts, curieux et généreux dans les échanges culturels… Les adultes devraient sans doute prendre exemple sur ces jeunes qu’on pourrait dire « innocents » mais qui sont tellement remplis de « vérités »… La vérité ne sort-elle pas de la bouche des enfants ?

Enfin, mais pas des moindres, je tiens à remercier personnellement ces 24 lycéens et 8 éducateurs qui ont réussi, de par leur optimisme, sourire, courage et volonté, à me redonner espoir en un avenir meilleur pour Madagascar, à me faire penser qu’un jour, nous parlerons tous au nom de notre patrie… Et surtout, de m’avoir fait changer d’avis sur mon engagement auprès de mon pays ; si j’étais partie du fait de tirer ma révérence face à ce tsunami d’absurdités quotidiennes actuel, j’ai retrouvé la force de continuer en me tournant vers les bonnes personnes, en invitant ceux qui croient en la force de l’éducation à nous joindre (pour de vrai, non pas juste pour faire de la bonne publicité pour leur organisation) et à ramer avec nous pour pouvoir prendre nous-mêmes notre avenir en main.

Concours National – Démocratie et Droits de l’Homme – pour les Lycéens Malagasy

   Évènement créé et organisé par l’Association des anciens diplômés des États-Unis ou USGA (United States Graduates’ Association), en collaboration avec l’Ambassade des États-Unis de Madagascar, le présent concours consiste non seulement à sensibiliser la jeunesse Malgache – et plus particulièrement les lycéens en classe de 2nde et 1ère qui sont invités à former des groupes de 3 personnes – aux intérêts communs en tant que citoyens, mais aussi à inciter ces jeunes à s’exprimer sur la situation actuelle de Madagascar.

Le concours national se divise en deux (2) étapes :

Étape 1 : Concours écrit

Deux sujets au choix sur la démocratie et les droits de l’homme sont proposés par le Comité organisateur (USGA et l’Ambassade des États-Unis) aux lycées publics de toutes les régions de Madagascar :

1. « CITOYENNETÉ ET CIVISME À MADAGASCAR »,

2. « RESPECTER LES DROITS DE L’HOMME, C’EST PROMOUVOIR LA VIE. EXPLIQUEZ »

Le sujet choisi sera traité à l’écrit, en malgache, en anglais ou en français, sous forme de dissertation.

Les huit (8) meilleures dissertations seront sélectionnées pour l’étape 2.

Étape 2 : Concours oral

  • Les huit (8) meilleures équipes participeront à un débat parlementaire ouvert au Centre Culturel Américain à Antananarivo avec de nouveaux sujets relatifs aux mêmes thèmes.
  • Le séjour des équipes finalistes (3 lycéens et un éducateur) n’habitant pas à Antananarivo sera pris en charge par les organisateurs (hébergement, restauration, transport)
  • La finale est prévue pendant les vacances de Pâques 2013.

N’hésitez plus, formez votre équipe et inscrivez-vous avant le 10 Janvier 2013 à usga.madagascar@gmail.com.

Les informations complémentaires sont disponibles sur notre page facebook ici.

 

Allée des Baobabs : Les Géants sont toujours là !

  Fanamby, mandaté par le Ministère de l’Environnement et des Forêts pour gérer l’Aire Protégée de l’Allée des Baobabs, tient à vous partager des informations concernant les feux sur l’Allée des Baobabs, le Samedi 24 novembre 2012, car quelques informations sont erronées au niveau de la presse écrite.
 11 ha ont brûlé dans l’Aire Protégée de l’Allée des Baobabs et 9 ha à l’extérieur.
 L’Aire protégée en création, Allée des baobabs, a une superficie de 320 ha et contenait lors de sa création en 2007, 313 pieds de baobabs. 3 espèces de Baobabs sur les 6 existent dans l’Aire Protégée : A. grandidieri, A. rubrostipa et A. za
  Depuis, sa création, environ 220 plants de baobabs ont été plantés dans l’AP avec les 3 espèces de l’Aire Protégée.
 Les feux ont ravagé 99 plants sur les 220 mais n’ont détruit aucun baobab géant.
 Les enquêtes, menées par la Gendarmerie et la DREF du Menabe, suivent son cours pour élucider l’origine et éventuellement l’auteur du feu.
 Avec la centaine de plants existants actuellement au niveau de la pépinière de l’Aire Protégée, les communautés locales, encadrées par les agents de la DREF et Fanamby effectueront le remplacement des plants incessamment sous peu.

 

 

 

 

 

 

Quel Slogan pour Air Madagascar?

S’il est vrai que, dans un souci de solidarité patriotique, il n’est pas toujours conseillé de médire ou d’ébruiter des informations compromettantes à l’endroit des siens, il faut également savoir dire « stop » aux manques de respect de certaines boîtes nationales… Bon, après, l’exemple vient d’en haut me direz-vous alors à quoi bon ! Néanmoins, l’atout de notre ère est d’avoir les réseaux sociaux pour partager nos frustrations à qui veut bien les lire…

Notre attention se porte aujourd’hui sur la compagnie à laquelle nous décernons la médaille d’or des remontrances de la clientèle : Air Madagascar. J’aurais aussi bien pu nommer la Jirama, les offres alléchantes d’Internet « Haut débit » dont la définition du haut débit n’a d’égale que leur « haut » degré d’intégrité, d’incompétence et d’intelligence…

Changement 1 : L’avant dernier changement recensé des conditions d’Air Madagascar (3ème trimestre 2012) était l’application de différents tarifs selon que vous désirez voyager avec ou sans bagages… pour les vols nationaux en tout cas. Soit, compréhensible au niveau de la réduction des coûts, la clientèle peut encore s’adapter.

Changement 2 : En vigueur depuis ce mois d’Octobre 2012, à chaque changement de dates de votre billet d’avion, vous devez payer une pénalité !  Auparavant, seul le no show était pénalisé, ie quand vous ne vous présentez pas à l’aéroport à l’heure de l’enregistrement… Ce changement est vraiment surprenant quand nous voyons le nombre de vols (nationaux toujours au moins) annulés, reportés au lendemain, ou au mieux en retard de plusieurs heures ! Oui, Air Madagascar vous fait bien sentir cet air de nouvelle philosophie : « C’est quoi ton problème, tu es toujours en vie et arrivé à bonne destination… Tu aurais même dû en profiter pour remercier le ciel avant l’atterrissage.  »

Les problèmes justement, en voici quelques uns :

Madagascar n’étant déjà pas dans le top 10 des meilleurs régimes politiques, des efforts de relance de l’économie sont entrepris par le secteur privé, las d’attendre le dénouement des mascarades de certains dirigeants d’État. Parmi les secteurs qui voudraient re-décoller (décollage avez-vous dit ? Avec Air Madagascar, il va falloir s’armer de patience et de blablas commerciaux pour maintenir l’intérêt de celui qui voudrait embarquer à Madagascar, et finalement débarquer plus vite qu’il n’a embarqué!), le tourisme. Étant une île, ceux qui viennent de l’extérieur peuvent encore esquiver Air Madagascar. Par contre, une fois en terre conquise, appréciez ces longs moments d’attente, d’incertitude, avec 01/100 (leur donner un zéro demanderait une explication particulière) de communication à l’aéroport, un super cocktail de bienvenue. Que les touristes soient locaux ou étrangers, les gens ont mieux à faire que de perdre leur temps entre 4 murs paradisiaques appelés « aéroport ». Oserai-je ajouter que la destination Madagascar est plus chère pour les touristes étrangers, ils peuvent s’offrir des destinations « réputées » à moitié prix… Financièrement parlant, pour venir à Madagascar, il faut vraiment avoir plus que l’envie d’y venir. Pour mélanger tous les secteurs d’activités, prenez l’agenda chargé d’un investisseur étranger potentiel qui viendrait pour une visite de reconnaissance… Que reconnaitra t-il? Et enfin, pour les professionnels en mission, il devient maintenant impossible de prévoir un agenda pendant la demi-journée prévue de l’arrivée de votre vol…

Un autre point qui était choquant au début mais qui devient presque prévisible, c’est la fréquence qui diminue de mois en mois de cette compagnie aérienne à s’excuser de leur retard. Dans le style « le client est roi », Air Madagascar l’a sûrement interprété comme « Je suis en situation de monopole, je suis le roi! »

Combien sont ceux qui sont excédés par ce manque de respect croissant de cette compagnie qui, à mon souvenir, n’a pas eu de bénéfice net depuis des années mais qui continue de prétendre prendre son envol ? Ces retards sont-ils dus à l’obsolescence de son parc d’avions, au manque de discipline des employés qui respectent le « fotoana gasy » (rdv malgache, voulant dire que la ponctualité ne sera pas de mise)… ou juste à un « laisser-aller »? N’avons-nous pas le droit de savoir?

Pour revenir aux réseaux sociaux, pas besoin d’aller loin, leur page facebook ne trahit pas :

 

Aussi, en guise de bon conseiller marketing d’Air Madagascar (et volontaire s’il-vous-plaît), communément appelé « Air Mad », le slogan de la victoire aura pour nom « Air Mad, the Company that drives you Mad« … (en anglais, c’est plus vendeur et proche de la réalité non ?). Sur ce, je m’en vais soigner mon mal… de l’air !!!!!

PS : Mes bons sentiments à mes amis proches y travaillant.

Qui vole un oeuf vole un boeuf… La légende du zébu du Sud de Madagascar

  La deuxième moitié de l’année 2012 sera bien marquée par la recrudescence des vols de zébus dans le Sud de Madagascar avec à la tête du banditisme le dénommé Remenabila.

Si les marketeurs les plus inspirés le surnomment le Ben Laden Malgache, les journaux officiels y rajoutent d’autant plus de « sensationnel » quant à la trajectoire du fléau des « dahalo » (les voleurs de zébus en Malgache) vers « Tana » (diminutif d’Antananarivo, Capitale de Madagascar).

Culturellement et historiquement, le zébu est le symbole de richesse dans la vie des Malagasy. L’évolution de la valeur de la richesse se traduit désormais, pour les dahalo, au vol de zébus et d’argent exclusivement. Le manque de confiance ou l’absence de structures financières dans certaines localités de l’île amènent les ménages à garder leur argent à la maison.

Dans le Sud particulèrement, la grandeur d’un homme réside dans l’ampleur de son cheptel. Le vol de zébu est parfois perçu comme un signe de virilité avant le mariage.

Le zébu accompagnera l’homme jusqu’à sa mort, laissant les cornes de sa richesse sur son tombeau… au détriment du concept d’héritage.

Néanmoins, au-delà des faits relatés sur certains évènements dont le massacre des dahalo par des villageois à Fenoevo dans la région Anosy, il semble indispensable de se mettre dans le contexte. Dans cet article, un témoignage relate que les villageois savaient que leur village serait attaqué. En effet, les interventions des dahalo ressemblent davantage à des visites -bien que sûrement pas de courtoisie- qu’à des attaques ; ils préviennent de leur arrivée (bien sûr, sans la date exacte ni l’heure) et ainsi, laissent le choix aux villageois de rester ou de quitter les lieux provisoirement.

La démystification et l’explication du phénomène des dahalo s’avèrent importantes afin de ne pas juste s’arrêter sur les faits de « vols » et de « massacres »… ce qui n’excuse en rien leurs pratiques mais qui pourtant, montre et prouve que le taux d’insécurité est quelque peu mesurable : en bref, si vous n’avez ni zébu ni argent chez vous mais que vous ayez le dernier cri des téléphones portables, appareils photos et ordinateurs Mac pour immortaliser vos instants magiques en tant que touristes, vous ne présentez aucun intérêt pour les dahalo !