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Qui vole un oeuf vole un boeuf… La légende du zébu du Sud de Madagascar

  La deuxième moitié de l’année 2012 sera bien marquée par la recrudescence des vols de zébus dans le Sud de Madagascar avec à la tête du banditisme le dénommé Remenabila.

Si les marketeurs les plus inspirés le surnomment le Ben Laden Malgache, les journaux officiels y rajoutent d’autant plus de « sensationnel » quant à la trajectoire du fléau des « dahalo » (les voleurs de zébus en Malgache) vers « Tana » (diminutif d’Antananarivo, Capitale de Madagascar).

Culturellement et historiquement, le zébu est le symbole de richesse dans la vie des Malagasy. L’évolution de la valeur de la richesse se traduit désormais, pour les dahalo, au vol de zébus et d’argent exclusivement. Le manque de confiance ou l’absence de structures financières dans certaines localités de l’île amènent les ménages à garder leur argent à la maison.

Dans le Sud particulèrement, la grandeur d’un homme réside dans l’ampleur de son cheptel. Le vol de zébu est parfois perçu comme un signe de virilité avant le mariage.

Le zébu accompagnera l’homme jusqu’à sa mort, laissant les cornes de sa richesse sur son tombeau… au détriment du concept d’héritage.

Néanmoins, au-delà des faits relatés sur certains évènements dont le massacre des dahalo par des villageois à Fenoevo dans la région Anosy, il semble indispensable de se mettre dans le contexte. Dans cet article, un témoignage relate que les villageois savaient que leur village serait attaqué. En effet, les interventions des dahalo ressemblent davantage à des visites -bien que sûrement pas de courtoisie- qu’à des attaques ; ils préviennent de leur arrivée (bien sûr, sans la date exacte ni l’heure) et ainsi, laissent le choix aux villageois de rester ou de quitter les lieux provisoirement.

La démystification et l’explication du phénomène des dahalo s’avèrent importantes afin de ne pas juste s’arrêter sur les faits de « vols » et de « massacres »… ce qui n’excuse en rien leurs pratiques mais qui pourtant, montre et prouve que le taux d’insécurité est quelque peu mesurable : en bref, si vous n’avez ni zébu ni argent chez vous mais que vous ayez le dernier cri des téléphones portables, appareils photos et ordinateurs Mac pour immortaliser vos instants magiques en tant que touristes, vous ne présentez aucun intérêt pour les dahalo !