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Madagascar : Disparition et meurtre de Chaino, un enfant malgache de 8 ans

En réaction aux dernières nouvelles sur Madagascar, et plus précisément sur l’île paradisiaque de Nosy Be, je profite de cette plateforme Mondoblog, reliée à RFI pour faire un coup de gueule sur le rôle légendaire déformateur et manipulateur des médias « officiels » et sur l’égoïsme surdimensionné que reflètent trop de réactions…

HISTORIQUE DE L’AFFAIRE CHAINO :

FAIT 1. L’enfant malgache de 8 ans, dénommé CHAINO avait été porté disparu depuis quelques jours, avant que son corps -mutilé- n’ait été retrouvé le mercredi 02 Octobre dernier. CHAINO EST LA VICTIME d’un meurtre !!! France 24 le dit clairement, l’enfant n’avait plus ni ses organes génitaux ni sa langue.

FAIT 2. Devant l’incapacité – légendaire aussi d’ailleurs – des forces de l’ordre malgache, la situation a dégénéré comme la population locale a mené sa propre enquête menant jusqu’au corps de CHAINO et a réagi de suite, suspectant trois personnes de faire partie d’un RESEAU EUROPEEN DE TRAFICS D’ORGANES. Le film d’horreur continue par le lynchage de deux Européens et d’un malgache : un Français du nom de Sébastien Judalet qui faisait souvent des va-et-vient à Nosy Be, un Franco-Italien du nom de Roberto Gianfala – bien confirmé par Rome, un clandestin qui a vu son visa touriste expiré. Notons qu’à Madagascar, la demande de visa n’est pas aussi spectaculairement contraignante que dans la plupart des pays européens puisqu’il est octroyé à votre arrivée sur l’île… pour dire qu’il faut vraiment le faire pour avoir un visa expiré à Madagascar !!! La troisième personne lynchée, le malgache – bizarrement sans nom dans tous les articles qui passent, son identité a d’autant moins d’importance que la mort de CHAINO en elle-même  – était apparemment l’oncle de CHAINO. (Beau portrait de famille).

CE DONT LES MEDIAS PARLENT :

Je ne douterai même pas une seule seconde des compétences en communication de tous ces médias qui ne racontent que ce qu’ils veulent faire gober aux lecteurs… Aussi, leur (…) foi les pousse à des titres tels que sur la photo ci-dessous.

metronews

L’affaire CHAINO, initiée par des meurtriers et par des soupçons de trafic d’organes, bascule rapidement et trop facilement vers des arguments sournoisement formulés des habitudes « sauvages » – disons-le – de la population locale.

Il y a cependant un maillon manquant que tous les médias ont délibérément zappé, parce que c’est vraiment le cas de le dire et on n’a pas besoin d’être expert en Droit pour pouvoir le dire : Pourquoi l’attention ne se porte pas davantage sur les détails de cet enfant retrouvé mort, mutilé… en guise de début d’enquête mais uniquement sur les présumés coupables ? Je parie que cette affaire, comme d’innombrables affaires plus que louches à Madagascar, sera vite camouflée et la dernière impression que les médias auront réussi à laisser de Madagascar est ce « peuple de sauvages » qui n’auront jamais droit à une justice, si tant est que ce mot ait une réelle signification de nos jours.

AUTRES FAITS AVANT QUE TOUT LE MONDE S’ENFLAMME :

1. La proactivité du seul opérateur touristique à Nosy Be + Français + tenant un blog sur les actualités de Nosy Be. ICI  D’habitude, ce genre de mauvaises nouvelles est quelque peu camouflée par les opérateurs touristiques du monde entier parce qu’il y va de leur chiffre d’affaires. Néanmoins, ce blogueur a non seulement eu l’intelligence d’informer de la situation AVANT TOUS LES MEDIAS (rôle d’un blog informatif, n’est-ce-pas ?), mais il est également très bien placé pour en parler puisque la scène s’est passée sur la plage où il est installé. Ceci remet quand même un peu en question la crédibilité des « correspondants » internationaux qui racontent tout ce qui est possible pour plus de sensations fortes. Il est important, dans de telles circonstances, d’oser partager les informations afin que les lecteurs puissent entendre différents sons de cloches, et le rôle des blogs prend tout son sens dans ces cas là.

2. Pour répondre à la vidéo ici, montrant des touristes « vazaha » ou étrangers qui fuient Nosy Be, le niveau des médias atteint vraiment des sommets du ridicule… qui ne tue pas. Savez-vous que le tourisme est l’activité motrice de Nosy Be et que la grande majorité des opérateurs touristiques sont des « vazaha », à savoir des Français et des Italiens ? Alors, pensez-vous que tous ces opérateurs « vazaha » ont complètement perdu la raison pour y rester, y avoir autant investi et défendre leur destination si vraiment, ils pensaient que la population était « sauvage » ? Eh bien, en voulant faire trop de cinéma médiatique et à force d’accorder autant d’importance à vos chers compatriotes présumés coupables mais dont l’un au moins est officiellement un clandestin, un illégal et une personne indésirable au pays, vous avez par la même donné encore plus de fil à retordre à vos autres compatriotes qui connaissent largement mieux la réalité de Nosy Be que vous.

3. Pour avoir personnellement vécu une situation malencontreuse nécessitant l’action des forces de l’ordre, à Madagascar, vous, la victime, devez encore payer en plus de ce que vous avez déjà perdu, pour faire bouger les forces de l’ordre. Il n’est plus besoin de répéter l’envergure de la corruption d’ailleurs, ce qui permet à l’impunité de fleurir comme des herbes sauvages. La question que je me pose, et que je vous pose aussi, « Et si CHAINO était votre enfant ? »

4. Enfin, mon mot personnel pour la fin, à tous ceux qui porteraient un jugement négatif sur les gens de Madagascar, Nosy Be… en tant que Malgache, je me permets de vous dire « regardez la poutre dans vos yeux avant de regarder la paille dans nos yeux. » Madagascar est en pays en crise politique, économique… en crise tout court depuis des années mais malgré le fait que la communauté internationale de façon générale ne cesse d’ajouter de l’huile sur le feu, le pays, de par la culture de la population, n’est pas en guerre – civile ou autre. A vous qui êtes si fiers et si protecteurs de tout ce qui vous concerne, en tant que personne lambda, qui qualifieriez-vous de « sauvages », ceux qui, face à l’absence totale de justice, prennent l’initiative de régler leurs propres affaires, ou ceux qui, par amour même plus de pouvoir mais de domination, initient, cautionnent, approuvent et investissent massivement dans les guerres qui soit dit en passant, n’est rien d’autre que des personnes étrangères envahissant un autre pays dans le seul objectif de tuer la population locale. Vous désapprouvez les façons de faire d’un gouvernement muni de quelques personnes et vous ne trouvez d’autres moyens que d’assassiner toute la population !!! Eh bien voyez-vous, le malgache est sans doute sauvage mais même dans n’importe quelle quête idiote qu’il puisse faire, jamais il n’a pensé à utiliser les gros moyens pour des meurtres en série. Et s’il faut être un pays en développement pour maintenir cette mentalité, soit, je suis très fière de ne pas avoir l’argent pour principal Dieu parce qu’il me reste ce qu’on appelle l’humanisme.

Histoire et culture, pont reliant Nosy Be (Madagascar) et Mayotte

Ayant passé un peu moins de deux ans à la découverte de Nosy Be – son histoire, ses rites culturels – le retour à Mayotte m’a fait douter à maintes reprises de l’endroit où je suis. Je ne suis plus à Madagascar et pourtant, presque tout autour de moi me rappelle Nosy Be :

– La superficie de l’île (Nosy Be : 321 km2 contre Mayotte : 376 km2),

– Le climat chaud avec une bonne trentaine de degrés – et c’est l’hiver,

– Beaucoup de Malgaches parlant malgache sakalava dans les rues comme dans les bureaux,

– Les femmes habillées en salovana (appelé « salouva » à Mayotte),

– Les beaux maquillages au masonjoany, ou « m’zindzano » en mahorais,

– La forte représentation de la fleur d’ylang ylang qui parfume les routes de Nosy Be et qu’on retrouve même sur les armoiries de Mayotte,

– Le nom de certains quartiers : Passi-kéli, Bouéni, Tsararano, Tsoundzou (trondro ?), Vahibé, Passamainty,

– L’ambition de faire du secteur tourisme leur moteur de développement : Si les superbes plages de Nosy Be ainsi que la diversité des structures touristiques n’ont rien à envier à Mayotte, le fabuleux grand lagon de Mayotte devrait attirer bien plus de visiteurs, moyennant une bonne communication.

Je me souviensprince Andavakotoko alors de la préparation d’une palais royal Andavakotokocampagne de sensibilisation à Nosy Be, nécessitant la contribution des personnes « sages » tels que les princes, pour promouvoir le changement de comportement. Lors de l’interview des princes Sakalava d’Andavakotoko, dans leur palais royal, ils disaient que certains de leurs frères se sont installés à Mayotte pour gérer leurs affaires.

Ce n’est qu’en lisant l’histoire de Nosy Be et Mayotte que j’apprends qu’au XIXème siècle, Nosy Be a fait partie du gouvernement de Mayotte et que ce dernier a été dominé par le roi Sakalava Andriantsoly jusqu’à l’arrivée des français.

En tout cas, Département d’Outre Mer ou pas, Mayotte a bien une culture voisine – sinon sœur – de Madagascar plus enracinée que de la France.

Les amoureux de Nosy Be sont réunis sur la plateforme ici… Avec les partages de chacun, je suis sûre que les similarités entre Mayotte et Nosy Be seront d’autant plus flagrantes.